Une bibliothèque finit toujours par déborder, en particulier en tant qu’auteur, qui lisons beaucoup de livres pour nous inspirer. Vient alors le moment de faire le tri, avec une question simple en apparence. Que faire des ouvrages dont on souhaite se séparer ?
Entre la revente, le don et la collecte à domicile, les solutions se sont multipliées ces dernières années, au point de rendre le choix moins évident qu’il n’y paraît.

Un marché de seconde main qui a changé d’échelle
La seconde main occupe désormais une place considérable dans la lecture en France. Environ un exemplaire imprimé sur cinq est acheté d’occasion, une proportion qui a nettement progressé depuis le début des années 2010. La recherche d’économies explique en partie ce basculement, mais la dimension écologique pèse elle aussi, un ouvrage remis en circulation évitant la fabrication d’un exemplaire neuf.
Cette croissance a fait émerger des acteurs très différents, des enseignes historiques aux plateformes de vente livre occasion qui rachètent, trient et réexpédient les ouvrages collectés chez les particuliers. Les places de marché généralistes captent également une part importante des échanges entre lecteurs. Ce dynamisme n’est pas sans tension, puisque la revente ne génère aucun droit d’auteur, ce qui alimente un débat récurrent sur une éventuelle contribution prélevée sur ces transactions.
Préparer ses livres avant de s’en séparer
Le travail préparatoire détermine largement le résultat, qu’il s’agisse de vendre ou de donner. Une heure passée à trier évite souvent plusieurs allers-retours inutiles.
Trier avec lucidité
Tous les livres ne trouvent pas preneur. Les encyclopédies, les dictionnaires et les manuels techniques dépassés sont fréquemment refusés, faute de demande. L’état physique compte tout autant que le titre. Un exemplaire surligné, aux pages cornées ou à la reliure fatiguée sera écarté par la plupart des repreneurs, alors qu’un ouvrage récent et propre se valorise sans difficulté.
Estimer sans se tromper
L’identifiant à treize chiffres imprimé près du code-barres, au dos de la couverture, sert de clé d’entrée à presque tous les services de rachat. Il suffit de le scanner pour obtenir une proposition immédiate. Les montants varient toutefois beaucoup d’un opérateur à l’autre, car chacun tient compte de la date de parution, de la popularité du titre et du stock dont il dispose déjà. Comparer plusieurs estimations reste donc le réflexe le plus rentable. Pour les éditions anciennes, rares ou dépourvues d’identifiant, l’avis d’un bouquiniste demeure plus fiable qu’un algorithme, car il intègre la rareté réelle et la demande du moment.
Vendre, donner ou faire collecter
Le rachat direct offre une rémunération modeste mais immédiate, sans gestion ni attente. À l’inverse, la mise en vente sur une place de marché permet de fixer soi-même le prix et d’espérer davantage, à condition d’accepter la rédaction des annonces, l’emballage et l’expédition. Certains services intermédiaires prennent en charge l’ensemble de ces étapes et ne reversent la somme qu’une fois la transaction conclue.
Le don répond à une autre logique. Plusieurs structures organisent des tournées gratuites à domicile dans les grandes agglomérations, généralement au-delà d’un volume minimal de cartons. Ailleurs, un réseau de points de dépôt permet de confier ses ouvrages sans se déplacer loin. Les associations qui constituent des fonds documentaires acceptent aussi les dons, souvent lors d’opérations ponctuelles annoncées à l’avance.
Restent les boîtes à livres, installées par milliers dans les rues, les parcs et les halls de gare. Elles conviennent aux petits volumes, à condition d’y déposer des ouvrages en bon état plutôt que d’y abandonner ce dont personne ne veut.
Le cas des livres invendables
Une part non négligeable des exemplaires collectés ne peut être remise en vente, en raison de leur état ou de l’absence d’identification. Ces livres ne sont pas perdus pour autant. Ils rejoignent la filière papier, où ils sont défibrés puis transformés en nouvelles feuilles. Le tri classique des papiers et emballages suffit à les orienter correctement, ce qui reste préférable à un stockage indéfini au fond d’un carton.

