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Améliorer son style d’écriture : conseils, outils et astuces

L’écriture est exigeante. Quel que soit le fond du propos, quel que soit le genre éprouvé, elle doit être irréprochable. Et pour cela, il faut améliorer son style d’écriture.

Je fais allusion au style, à ce qui permettra de dire que la plume est fluide, que la rédaction est élégante, que la lecture est agréable. La forme au service du fond.

Avoir du style, ce n’est pas écrire sans règles ni codes.

Le style se travaille. Il est impossible d’imaginer que le premier jet de votre récit soit le bon, du début à la fin. Il va vous falloir revenir sur votre écrit, l’améliorer.

On parle de réécriture. C’est à cette occasion que vous allez devoir parfaire votre texte, notamment en travaillant un certain nombre de points susceptibles de permettre que l’on dise de vous : cet auteur a un style remarquable.

 

Cet article est donc organisé en trois parties :

I — 10 conseils pour améliorer son style au service de la forme

II — 10 conseils pour améliorer son style au service du fond

III — 5 outils et 5 astuces à disposition

Cet article a été rédigé par un conseiller littéraire de Publier son Livre

 

10 conseils pour améliorer son style au service de la forme

 

1 — Évitez les répétitions. La figure de style que l’on nomme « anaphore » et qui consiste à utiliser plusieurs fois un même mot ou une même structure de phrase ne peut servir à excuser ce qui n’est en réalité le plus souvent qu’une maladresse d’écriture.

* les répétitions de mots comme les répétitions de noms, d’adjectifs, de verbes, de conjonctions.

Exemple : L’homme sortit du bar et monta dans son Range Rover et démarra. L’homme tourna à gauche de la petite ruelle et disparut de notre vue.

* les répétions de formulations.

Exemple : Il n’a rien voulu prendre au petit-déjeuner. C’est pourquoi il est fatigué et n’arrive pas à se concentrer en classe. C’est pourquoi je l’ai envoyé à l’infirmerie se reposer un peu.

 

2 — Évitez les redondances. Inutile de redire les mêmes choses plusieurs fois. Rien de plus ennuyeux pour un lecteur que d’avoir l’impression que l’histoire n’avance pas, qu’il n’apprend rien, qu’il a déjà compris parce qu’il l’a déjà lu.

 

3 — Évitez les phrases à rallonge. Pas d’enchâssements propositionnels exagérés.

Exemple : Nous nous parlons comme si nous nous connaissions depuis toujours alors que cela ne fait que quelques jours seulement que nous nous sommes rencontrés et que nous ne nous y attendions pas.

Préférez l’écriture en plusieurs phrases plus courtes : Nous nous parlons comme si nous nous connaissions depuis toujours. Or, cela ne fait que quelques jours seulement que nous nous sommes rencontrés. Nous ne nous y attendions pas.

 

4 — Une phrase, une idée. N’écrivez pas pour ne rien dire. Chacune de vos phrases doit servir le récit. Si leur lecture n’apporte aucune indication nouvelle, alors mieux vaut la supprimer.

 

5 — Utiliser la longueur de vos phrases comme un vecteur de message. Ainsi :

* Une phrase courte met en valeur l’essentiel. Elle permet d’accélérer le récit. Elle s’utilise pour l’énoncé d’une scène d’action ou de suspens.

Exemple : La tempête se déchaîna.

 

* Une phrase moyenne sert le plus souvent de transition.

Exemple : La tempête se déchaîna, ravageant tout sur son passage.

 

* Une phrase longue ralentit le discours. Elle est construite sur le principe de l’accumulation et de la subordination. Elle accompagne l’analyse, le raisonnement. Elle sert souvent à la description d’un lieu ou d’un personnage. Elle convient aussi à l’expression d’une pensée lyrique.

Exemple : La tempête se déchaîna, les vents sifflèrent, les vagues grondèrent et les voiles des bateaux se déchirèrent.

Remarque : une phrase courte juste après une phrase longue crée une rupture, un effet d’annonce.

Exemple : La tempête se déchaîna, les vents sifflèrent, les vagues grondèrent et les voiles des bateaux se déchirèrent. Xavier s’effondra.

 

6 — Travaillez vos types de phrases. Il en existe de trois sortes : simple — binaire – ternaire. Elles contribuent au rythme du texte.

Exemples :

* phrase simple : Elle contient un seul verbe conjugué donc une seule proposition. Ex. : Le professeur félicita ses élèves.

* phrase binaire : Elle est organisée autour de deux groupes de mots de longueur équivalente. Ex. : Tu as bien fait d’arriver, j’allais quitter l’appartement.

* phrase ternaire : Les trois membres de la phrase ont la même construction. On obtient un effet de parallélisme ou de simultanéité. Ex. : Je n’ai plus rien à apprendre, j’ai marché plus vite qu’un autre, et j’ai fait le tour de ma vie. (Chateaubriand)

 

7 — Préférez l’écriture en positif plutôt qu’en négatif.

Inconsciemment, nos cerveaux d’êtres humains préfèrent ce qui est à ce qui n’est pas.

Exemples :

– Tu n’es pas à l’heure.       Tu es en retard.

– Je n’ai éprouvé aucune émotion.                      Je suis resté impassible.

 

8 — Évitez les verbes faibles. Ce sont des verbes passe-partout. Ils ont pour effet d’affaiblir le discours. Leur utilisation facile rend terne et peu efficace le message que vous tentez de transmettre.

En voici quelques-uns :

être, avoir, dire, faire, aller, regarder, voir, devoir, mettre, prendre, pouvoir, sembler, sentir, continuer

Exemples :

– Tant que tu vivras sous mon toit, ce n’est pas toi qui décideras des règles ! dit sa mère à Justin.

– Tant que tu vivras sous mon toit, ce n’est pas toi qui décideras des règles ! vociféra sa mère à Justin.

Dans la seconde phrase, le lecteur perçoit plus aisément l’intention de colère que manifeste la mère de Justin à l’encontre de son fils. Le verbe « vociféra » vient en appui du point d’exclamation. Les deux ensemble donnent davantage à ressentir au lecteur.

 

9 — Variez l’utilisation des modes d’énonciation. La conjugaison française est riche. L’on a souvent tendance à utiliser presque exclusivement l’indicatif quand le discours peut s’enrichir grâce à l’emploi de l’impératif, le subjonctif, le conditionnel, le gérondif, l’infinitif.

 

10 — Variez aussi la voix du discours. Préférez la voix active à la voix passive. Cela allège les phrases et éclaircit le propos.

Exemple :

Forme passive : Tous les arbres auront été déracinés par le vent.

Forme active : Le vent aura déraciné tous les arbres.

 

10 conseils pour améliorer son style au service du fond

 

1 — Évitez le remplissage inutile. Les phrases qui n’apportent rien au récit contribuent à ce que l’on appelle parfois « le ventre mou » du texte. Cette métaphore sert à exprimer l’ennui que l’on peut parfois ressentir au fil de la lecture lorsque le lecteur a l’impression qu’il perd son temps, que le récit n’avance pas et qu’il s’ennuie.

 

2 — Choisissez le bon vocabulaire. La sémantique est essentielle au récit. Elle doit être appropriée au sujet rapporté. Le choix des termes doit être défini par le sens même des mots. Des relations sémantiques entre les mots existent et permettent justement de réaliser ce choix.

 

3 — Créez de la résonance émotionnelle. Le but de la lecture, c’est bien d’éprouver des émotions : l’évasion, l’empathie, la joie, la peine, l’attrait de la découverte. Le style doit donc servir à permettre cette résonance émotionnelle. L’utilisation des figures littéraires peut servir à la créer, au même titre que les mots employés. La gradation, la juxtaposition, l’accumulation sont autant de formules à savoir utiliser pour susciter l’émotion. La métaphore, l’allégorie, l’allusion, l’euphémisme, l’oxymore, la métonymie… sont autant de moyens d’écriture participant au message, à condition de les utiliser à bon escient et de manière parcimonieuse.

 

4 — Évitez trop de subjectivité. Les propos tranchés sont à proscrire lorsqu’ils sont rapportés de manière trop abrupte, trop véhémente. Vos opinions ne doivent pas vous priver d’une partie du lectorat qui en aurait d’autres différentes. Votre style ne doit donc pas être agressif, mais respectueux de votre lecteur, de ses croyances et de ses sentiments. Convaincre ne se fait jamais dans la confrontation directe. Séduire votre lecteur et emporter son adhésion à votre histoire non plus.

 

5 — Évitez les malentendus. On exprime bien ce que l’on pense clairement. Mieux vaut éviter d’écrire avec trop de sous-entendus, sous couvert de faire usage de figures de style inadéquates. L’implicite ne doit pas faire courir le risque de malentendus avec votre lecteur. Ce que vous voulez transmettre, assurez-vous qu’il n’y a pas de risque d’une mauvaise interprétation.

 

6 — Évitez les expressions convenues. Rien de plus agaçant pour un lecteur que de lire une suite de poncifs, d’idées toutes faites, de phrases connues et rabâchées.

 

7 — Suscitez l’imagination du lecteur. Il n’est pas utile de tout dire, mot à mot. Non seulement, le lecteur peut comprendre ce que vous induisez, mais en plus, le solliciter dans son imaginaire le rend acteur et partie prenante dans l’interprétation qu’il se fait du récit.

Exemple : La neige était tombée toute la nuit. Mes parents furent contraints de me dispenser d’école ce jour-là. Le lecteur comprendra lui-même qu’en raison de la neige, les routes étant devenues impraticables, les parents n’ont pas de solution de transport pour envoyer leur enfant à l’école. Il n’est donc pas utile de tout dire, au risque d’alourdir inutilement le propos.

 

8 — Veillez à la cohérence. Celle des temps : le respect des règles de concordance des temps est essentiel. Celle des pronoms : attention à ne pas utiliser exagérément le on/nous/il(s)/elle(s)/lui/

 

9 — Faites le choix de votre progression thématique. Ce choix contribue à donner du style à votre écriture. Il en existe trois : la progression à thème constant, la progression à thème linéaire et la progression à thème éclaté.

– Dans la progression à thème constant, le thème ne change pas d’une phrase à l’autre, le même thème est repris en début de chaque phrase. Ex. : Les enfants sont heureux de retrouver leurs amis. Ils sont impatients que la fête commence. Filles et garçons se sont habillés pour l’occasion.

– Dans la progression à thème linéaire, la phrase qui suit a pour thème un élément du propos de la phrase précédente. Ex. : Les marins hissèrent la grand-voile. Cette voile avait été conçue pour défier tous les vents.

– Dans la progression à thème éclaté, la 1ère phrase donne un thème central, chaque thème des phrases suivantes est un sous thème de ce thème central. Ex. : La pièce de théâtre pouvait débuter. Les comédiens se tenaient prêts. Le grand rideau rouge commença à s’ouvrir. L’ensemble de la salle était silencieuse.

 

10 — Visez l’universel. Vous n’écrivez pas pour vous. Vous écrivez pour le plus grand nombre. Vous écrivez pour un lectorat anonyme. Ne l’oubliez pas. Tous vos lecteurs n’ont pas la même culture, les mêmes convictions. Il vous faut les faire vous rejoindre. Séduisez-les par une écriture accessible, simple, compréhensible, discrète. Une écriture suffisamment efficace pour emporter leur adhésion.

 

 

5 outils et 5 astuces

 

5 outils

Ils vous seront utiles pour enrichir et améliorer votre style en fonction de tous les conseils que nous venons d’évoquer ensemble.

1 — un dictionnaire de synonymes, analogies et antonymes

2 — un dictionnaire des expressions

3 — un dictionnaire des rimes et sonorités

4 — un guide de conjugaison

5 — un logiciel d’analyseur de forme

Ce type de logiciel analyse vos textes en étudiant : les tournures passives, impersonnelles, négatives, participiales, les phrases non verbales, les phrases longues, les cascades de compléments, les répétitions, le vocabulaire…

 

5 astuces

1 — participez à des ateliers d’écriture. Ils sont l’occasion d’échanges et d’enrichissement.

2 — confrontez-vous à des avis externes. Ce qui vous semble limpide ne l’est peut-être pas. Personne d’autre que vous ne peut savoir votre intention initiale. Votre écriture est-elle fidèle à vos pensées.

3 — entraînez-vous à écrire tous les jours. Vous gagnerez en efficacité. L’écriture est un travail d’athlète. Elle exige de la rigueur dans l’entraînement pour atteindre un niveau remarquable.

4 — lisez le plus possible. Sans que vous en soyez conscient, votre cerveau s’enrichit de vocabulaire, de tournures de phrases, de figures de style que vous saurez de plus en plus réemployer vous-même a propos.

5 — N’utilisez pas trop de jargons techniques que seuls les initiés connaissent. Votre style doit permettre de rendre votre texte accessible au plus grand nombre.

 

Conclusion

À présent, et pour reprendre cette expression de « plume fluide », vous savez que le style est remarquable quand justement, on ne le remarque pas. Le style doit se faire oublier. Il est au service d’une lecture limpide. Le style n’est pas une fin en soi, mais bien un outil. Essentiel. Mais rien de plus.

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