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Comment écrire une quatrième de couverture (résumé) qui donne envie ?

Cet article sur la quatrième de couverture est un article invité, rédigé par Cyril Destoky.

Ça y est. Après tous vos efforts, vous avez enfin réussi à terminer ce roman.

Maintenant il va falloir convaincre des gens de vous lire.

Pour tout lecteur qui a jugé votre couverture digne d’intérêt, le résumé, c’est le premier contact avec votre livre. C’est là qu’il va décider s’il doit consacrer plusieurs heures de sa vie à la lecture de votre roman. Car peu importe la qualité de votre histoire, la richesse de votre univers ou la profondeur de vos personnages, si votre quatrième de couverture n’est pas maîtrisée, le lecteur n’ira pas plus loin.

Le résumé est souvent négligé par les débutants. Ils sont convaincus que, le récit achevé et les dernières corrections effectuées, ils ont fait le gros du travail et que le reste n’est qu’une formalité. Alors ils improvisent un petit texte à la hâte, souvent bâclé et rarement convaincant. Et ils s’étonnent que les ventes ne suivent pas…

Si vous voulez vraiment trouver des lecteurs, il va falloir aller les chercher. Écrire un texte accrocheur ne s’improvise pas : si vous abordez son écriture comme celle de votre récit, vous foncez droit dans le mur.

Vous savez comment écrire une histoire. Dans cet article, je vais vous apprendre à convaincre des inconnus de la lire.

Les enjeux contradictoires d’un résumé

La description du livre est une question d’équilibre bien dosé entre des qualités apparemment contradictoires. C’est de là que vient toute la difficulté, et les mauvais résumés sont ceux qui brisent ces équilibres.

D’abord, il doit être exhaustif, mais concis

Il doit donner suffisamment de détails pour représenter fidèlement votre histoire, qui fait plusieurs centaines de pages, mais il ne peut pas non plus être trop long. En général, il doit se limiter à environ 250 mots.

Autrement dit, vous devez apprendre à être efficace, à dire beaucoup avec peu. Car il s’agit de donner un avant-goût fidèle et honnête de votre roman en seulement quelques lignes.

Il est littéraire, mais commercial

C’est souvent ici que le bât blesse. Beaucoup ont tendance à écrire une sorte d’échantillon de leur roman, mais leur texte n’est pas du tout orienté pour convaincre. Ils se contentent de raconter, mais ne donnent pas envie de lire.

Généralement, c’est un problème qui provient de la peur d’être illégitime. Ces personnes se sentent avant tout auteur et refusent d’enfiler leur casquette de vendeur, elles sont même gênées de faire leur promotion. Pourtant, à notre époque, c’est devenu une nécessité. La concurrence est féroce et l’offre monumentale, vous ne vous ferez jamais votre place sur le marché si vous refusez d’en suivre les règles.

Heureusement, ça ne signifie pas que vous devez vous mettre à parler comme un vendeur de tapis. Encore une fois, tout est une question d’équilibre, et nous verrons plus loin comment convaincre sans être insistant.

Il doit être évocateur, mais mystérieux

Le mystère est à la base du résumé, que vous écriviez un thriller ou non. J’entends par là que vous devez volontairement retenir certaines informations pour donner envie au lecteur de lire la suite (et donc d’acheter votre roman). Mais à être trop mystérieux, on finit par ne rien dire du tout. Vous devez donc en dire assez pour donner une bonne idée au lecteur de ce que vous lui réservez, mais assez peu pour ne pas abattre toutes vos cartes dès le début.

 

Qu’est-ce qu’une bonne quatrième de couverture ?

Tous les mauvais résumés ont une chose en commun : il leur manque un ingrédient indispensable, un ingrédient simple qui paraît évident, mais qui leur fait pourtant défaut à chaque fois.

Et vous aurez beau évoquer votre histoire en détail, faire parler votre style et retravailler chaque phrase, tant qu’il vous manquera cet ingrédient, vous n’arriverez pas à convaincre.

Une quatrième de couverture n’est pas un résumé scolaire au sens de « compte-rendu ». Elle ne doit pas se contenter de lister toutes les actions et de résumer l’histoire du début à la fin. Ce n’est pas non plus une fiche de lecture.

Et pourtant, c’est ce qu’on retrouve dans la majorité des premiers romans.

Alors qu’est-ce qui leur manque ? Quel est donc cet ingrédient secret ?

Cet ingrédient, je l’utilise depuis le début de cette section. C’est la capacité à faire naître une question dans l’esprit du lecteur. Une question à laquelle il n’a pas la réponse et qui va le faire mourir d’envie de la connaître (« mais c’est quoi, cet ingrédient ? »)

C’est la fonction maîtresse d’un résumé. Il doit faire naître chez le lecteur le besoin de connaître la suite. Une fois ce besoin créé, la seule solution pour lui sera d’acheter votre livre pour connaître la réponse.

Besoin, solution. C’est la base. C’est évident, c’est simple, mais ça marche, encore et toujours. Alors, pourquoi s’en priver ?

C’est ce qui fait que vous avez cliqué sur cet article plutôt qu’un autre. Ce qui fait que vous êtes resté pendant la pub pour éviter de manquer la suite de l’épisode. C’est le même ressort.

Apprenez à faire naître une question et vous serez lu.

 

Les éléments à inclure

Avec ces équilibres instables à maîtriser et cette notion de mystère, vous êtes peut-être un peu perdu. De quoi faut-il parler ? Et au contraire, que faut-il omettre ?

Je vous propose ici une méthode assez souple pour écrire une bonne description de votre livre. C’est loin d’être la seule, mais elle a l’avantage d’être une valeur sûre.

  1. Le lecteur a besoin de connaître au moins un personnage pour pouvoir s’identifier à lui. Si vous prenez trop de hauteur, si vous mentionnez seulement les évènements sans parler de ceux qui les vivent, il risque de s’ennuyer. Vous n’avez pas écrit un documentaire, alors mettez-vous à hauteur d’homme (ou de femme), et faites-nous comprendre les choses selon le point de vue des personnages.

Vous pouvez introduire plusieurs personnages, mais limitez-vous. Le but n’est pas de noyer vos potentiels lecteurs sous un flot d’informations.

  1. Quand et où, si c’est pertinent

Un repère temporel et spatial est souvent le bienvenu pour situer l’action. Il n’est pas obligatoire, mais il devrait apparaître au début du résumé.

Résistez toutefois à l’envie de décrire votre monde et son fonctionnement en détail, il est trop tôt pour ça. Tenez-vous-en plutôt aux informations dont le lecteur a besoin pour comprendre le contexte de l’histoire.

  1. Le genre littéraire

Encore une fois, beaucoup de débutants négligent le genre littéraire de leur œuvre. Ils se croient au-dessus de cette « classification limitante » et préfèrent « ne pas rentrer dans une case ».

Avoir une identité, c’est très bien, mais n’oubliez pas que le lecteur ne pense probablement pas comme vous. S’il cherche un polar et que vous refusez d’entrer dans cette case au simple motif que votre histoire n’est « pas juste un polar », il va passer son chemin.

Personne ne remet en question votre originalité, mais les genres littéraires ne sont pas là pour rien, et la plupart des lecteurs s’y réfèrent pour choisir leur prochain livre.

Il est également impératif de laisser entendre le genre par le lexique et le ton de votre quatrième de couverture. Faites-le lire à quelqu’un qui ne connaît pas votre histoire et demandez-lui dans quel genre il classerait votre roman. S’il tombe à côté, c’est que le problème vient de vous.

  1. Les enjeux

Que se passe-t-il si votre protagoniste n’obtient pas ce qu’il veut ? Et qu’a-t-il à gagner s’il réussit ?

C’est à ces questions que vous devez tenter de répondre pour convaincre le lecteur que votre histoire est importante. Beaucoup d’auteurs se contentent de raconter une suite d’actions et ne se rendent pas compte qu’à part eux, tout le monde se moque de ce qui peut bien arriver à leurs personnages.

Vous devez insister sur les conséquences possibles de l’échec pour donner de l’importance au succès. Sauter au-dessus d’une rivière n’a rien d’impossible. Mais ajoutez de serpents dans l’eau et vous avez des enjeux. C’est aussi simple que ça.

  1. Le mystère

Ce point a été traité dans la section précédente, mais je me permets de le reprendre, car il est crucial. Si on ne se pose pas de question à la fin de votre quatrième de couverture, vous êtes mal parti.

Comprenez-moi bien, je ne prétends pas qu’un résumé sans mystère est raté. Mais c’est prendre un gros risque de ne pas en inclure.

Comment écrire un résumé en pratique ?

Une fois que vous avez tous ces points bien en tête, voici comment les mettre en application :

  1. Dégagez les éléments importants de votre histoire. Ne gardez que l’essentiel. Déterminez le qui, le quand, le et les enjeux.
  2. Écrivez un premier texte en choisissant vos mots pour évoquer le genre littéraire du roman. Arrivé à la fin, laissez planer le mystère.
  3. Écrivez-en d’autres. Deux ou trois variations sont déjà intéressantes, mais je vous suggère d’en essayer une dizaine. Expérimentez, changez d’angle d’attaque, variez la structure, jouez sur le rythme. Avec la pratique, les mauvais points vont disparaître et les bons se renforcer, et vous allez trouver votre équilibre.
  4. Faites lire les meilleurs à vos proches et posez-leur précisément cette question : « Lequel de ces résumés te donne le plus envie de lire le roman ? » C’est important de suivre cette formulation, car si vous leur demandez simplement lequel est le meilleur résumé, ils vont juger le texte en lui-même et non pas sa capacité à convaincre.

 

Les erreurs à éviter

Être trop flou

Maintenant que vous savez que les bonnes descriptions de livre reposent sur une part de mystère, vous pouvez être tenté d’en abuser. Après tout, plus il y a de mystère, plus le lecteur aura envie de lire, non ?

C’est une erreur commune. Vous devez fournir à votre lecteur potentiel un minimum de contexte pour qu’il puisse décider s’il est intéressé ou non. Si c’est le cas, les questions que vous laisserez en suspens lui donneront envie de connaître la suite. Mais il faut au moins quelques éléments pour poser un cadre.

Évitez donc les résumés purement énigmatiques, constellés de points d’interrogation et de points de suspension. Il y a une différence entre ne pas révéler la fin et ne rien dire du tout.

Être trop long, trop détaillé

L’écueil inverse, la quatrième de couverture qui se veut un condensé du roman. Certains auteurs sont tellement fiers de leurs trouvailles qu’ils veulent donner un avant-goût de tout, persuadés qu’ils doivent mentionner absolument tous les éléments de leur histoire.

Mais c’est se méprendre sur la fonction d’un résumé, qui est, rappelons-le, de donner envie.

Vouloir tout dire, tout inclure, est une entreprise vouée à l’échec, la description d’un livre n’est pas une table des matières. Vous devez sélectionner avec soin les informations que vous souhaitez donner et vous demander pourquoi vous choisissez de les inclure.

De quoi parle votre histoire ? Quel est son essence, son thème principal ? C’est cette identité que vous devez véhiculer, car c’est elle qui donnera envie ou non de vous lire. Tout le reste ne fait que diluer la force de votre roman.

Donner des détails inutiles ou non essentiels

Un résumé est un travail d’orfèvre. Les contraintes de longueur devraient vous pousser à peser chaque mot que vous souhaitez inclure.

Pourtant, beaucoup de débutants, sans même s’en rendre compte, gâchent un espace précieux avec des précisions inutiles qui n’ont rien à faire dans la description de leur roman. Tout ce qui n’est pas essentiel et pertinent doit disparaître. Votre texte ne doit être que du muscle, il faut tailler le gras.

Introduire trop de personnages/concepts/lieux inconnus

N’oubliez pas que si vous côtoyez peut-être vos personnages et votre univers depuis des mois, votre lecteur s’apprête à les découvrir pour la première fois. Il est un peu comme un invité qui débarque dans une réunion de famille. Si vous lui présentez toutes les convives, il aura oublié leur nom avant même de s’asseoir à table.

Limitez-vous à un ou deux lieux et à trois ou quatre personnages au maximum. Votre objectif est de dresser un portrait général, de donner une idée de ce qu’on peut trouver dans votre roman. Le lecteur aura tout le temps de découvrir votre large palette de personnages et votre univers fourmillant plus tard.

Ne pas soigner le style

On a tendance à l’oublier, mais le résumé est la première porte d’entrée sur votre style, et donc sur vos compétences d’écrivain. La couverture peut transmettre une certaine identité visuelle, mais elle ne peut pas caractériser votre manière d’écrire. D’ailleurs, qui n’a jamais choisi un livre pour sa couverture superbe avant d’être déçu par le contenu ?

La quatrième de couverture est une sorte d’échantillon. Comme nous l’avons vu, elle est à la fois littéraire et commerciale. Vous ne pouvez donc pas vous permettre de négliger le style en pensant que le lecteur aura le recul nécessaire pour vous accorder le bénéfice du doute. Si le résumé est mal écrit, s’il est plat, cliché ou ordinaire, le lecteur projettera automatiquement ces faiblesses sur votre roman.

Ne commettez donc pas l’erreur de voir la quatrième de couverture comme une simple fiche produit : elle est le prolongement de votre roman et doit en refléter les qualités. Laissez parler votre style et votre personnalité.

Les clichés et l’humour hasardeux

Dans le prolongement direct du point précédent, portez une attention toute particulière aux phrases toutes faites et aux clichés. Les poncifs du genre « Shana n’était pas une adolescente comme les autres », « mais un jour, tout changea » ou encore « rien ne sera jamais plus comme avant » sont à proscrire. Ils dénotent un manque de créativité.

De même, à moins d’être sûr de vous, ne cherchez pas à faire de l’humour dans le but de vous démarquer. La plupart du temps, c’est le genre d’effet raté qui peut totalement rebuter un lecteur.

Être flou sur le genre

Il m’arrive régulièrement de lire des résumés qui me laissent sur ma faim pour une raison toute simple : je n’ai aucune idée du genre dans lequel se range l’histoire.

La plupart des lecteurs veulent savoir à quoi s’attendre, et ils recherchent généralement des thèmes et des éléments particuliers. Un lecteur de fantasy s’attend à un monde imaginaire dans lequel l’univers joue un rôle de premier plan, par exemple. La fantasy n’est donc pas pour lui une contrainte, mais une garantie.

Si vous ne laissez pas transparaître le genre de votre récit dans sa description, peu de lecteurs se risqueront à vous lire. Ils cherchent à savoir si votre roman mérite leur temps, et si vous refusez de jouer selon leurs règles, ils auront vite pris leur décision.

Comment s’y prendre pour faire apparaître le genre du roman ? Choisissez des mots-clés, mettez des thèmes récurrents en évidence et mentionnez directement certains éléments propres à votre genre. Par exemple, un résumé qui inclut les mots « suspect », « indice » et « scène de crime » ne laisse pas beaucoup de doute sur la nature du récit.

Essayer de plaire à tout le monde

Vous devez accepter que certaines personnes n’auront tout simplement pas envie de lire votre roman. C’est comme ça. Malgré tous vos arguments, elles ne changeront pas d’avis.

De nombreux débutants tentent pourtant de ratisser large et essayent de parler à tous les lecteurs. C’est une erreur. À vouloir toucher tout le monde, on ne touche personne.

Votre histoire est singulière. Certains vont l’adorer, d’autres ne lui trouveront aucun intérêt. C’est normal.

Au lieu de chercher à convaincre les réfractaires en rendant flous les contours de votre récit, acceptez l’originalité de votre histoire avec tous les défauts qu’elle peut compter. Soyez fier de ce que vous avez écrit et tant pis pour ceux à qui ça ne plaira pas.

Ne pas être représentatif du véritable contenu du livre

Il arrive beaucoup plus souvent qu’on ne le croit qu’un auteur s’attarde sur un détail de son histoire sans s’en rendre compte. Par exemple, si un personnage secondaire est mentionné plus souvent que le personnage principal, le lecteur aura l’impression que c’est lui, le personnage principal.

Ce genre d’erreurs est très dangereux. Imaginez une seconde que vous vendez votre roman comme une magnifique histoire d’amour parce que vous trouvez que c’est l’aspect le plus réussi. Votre lecteur, s’attendant à une romance, découvre que l’intrigue amoureuse n’est en fait qu’une sous-intrigue totalement secondaire et que votre roman est en réalité un polar, un genre qu’il n’aime pas du tout.

Il ne sera pas simplement déçu, il se sentira trahi. Et un lecteur trahi ne manquera pas de le faire savoir…

Survendre

Face à la concurrence féroce du marché du livre, il peut être tentant d’abuser de superlatifs pour tenter de convaincre. Mais paradoxalement, c’est une pratique qui vous fera passer pour un débutant qui n’est pas assez sûr de lui et qui en fait trop.

« Le meilleur livre depuis [énorme succès] », « un tour de force magistral », « un roman qui s’impose déjà comme une référence du genre », en plus d’être extrêmement prétentieuses, sont des affirmations exagérées qui ne tromperont personne.

Tout comme un lecteur peut se sentir trompé sur le contenu d’un roman, il peut se sentir trompé sur sa qualité. Il ne s’agit pas de tomber dans le travers inverse et de vous agenouiller de modestie, mais plutôt d’être honnête sur les qualités de votre texte. Soulignez ses forces, sans en faire trop, et le lecteur vous suivra.

Essayer d’être original à tout prix

Voici un texte (retiré depuis) sur lequel je suis tombé il y a quelques années : « On m’a dit qu’il fallait écrire un résumé, mais de toute façon vous n’allez pas le lire et en plus j’ai la flemme. Ce qui compte, c’est ce qu’il y a l’intérieur ! Voilà tout ce que vous devez savoir : c’est de la bombe. »

Avez-vous envie de découvrir ce roman ? Personnellement, j’ai passé mon chemin. Comme moi, vous avez peut-être grincé des dents en le lisant.

C’est pour cette raison que vous devez vous méfier de l’originalité à tout prix : on en arrive vite au point de ne plus se rendre compte des effets qu’on produit. L’auteur de ce texte est persuadé qu’il est original, authentique et audacieux alors qu’il me fait l’effet d’un écrivain négligent, amateur et prétentieux.

Les règles ne sont pas là pour vous limiter, elles sont là pour poser un cadre, pour vous guider. Les enfreindre au nom de l’originalité est très rarement une bonne idée.

En appeler à la raison

Rappelez-vous que vous ne vendez pas un lave-vaisselle, mais un livre. Vous ne vendez pas une fonction, vous vendez de l’émotion. Si vous listez les qualités de votre roman comme on liste les caractéristiques d’un produit, il vous manquera cette petite étincelle que recherche le lecteur. Ce petit avant-goût de suspense, de peur, d’espoir, de tendresse.

La fiction est le langage de l’émotion, alors ne la transformez pas en un récit froid.

 

3 exemples de résumés qui fonctionnent

Tout ce que je vous ai dit jusqu’ici vise à vous faire écrire le meilleur résumé possible. Mais entre la théorie et la pratique, il y a parfois une nuance difficile à saisir. C’est pour cette raison que j’ai sélectionné trois textes qui sont pour moi des exemples à suivre en la matière. Ils vont vous permettre de voir comment appliquer concrètement ce que vous avez appris ici.

La mort dans les bois, Tana French

« Un soir d’été, alors que tous leurs camarades ont déjà regagné leurs maisons pour le dîner, trois enfants ne ressortent pas des bois sombres et silencieux où ils ont passé l’après-midi. La police finit par retrouver un seul garçon, indemne, mais terrorisé, agrippé à un tronc d’arbre, les chaussures emplies de sang. Il ne se rappelle rien. On ne retrouvera jamais ses deux amis. Vingt ans plus tard, Rob, l’unique rescapé devenu inspecteur de police, se garde bien de dévoiler son passé, même à son entourage le plus proche. Mais une fillette est assassinée, comme offerte en sacrifice sur un autel celtique, dans ces bois de la banlieue de Dublin qu’il traversait après l’école. Tandis qu’il se précipite sur les lieux pour essayer de résoudre ce crime atroce, il est assailli par des lambeaux de souvenirs qui le hantent encore. »

Pourquoi ça fonctionne :

Le genre est suggéré par un lexique angoissant (sombre, silencieux, terrorisé, sang, rescapé, assassinée, sacrifice, atroce, lambeaux). Tana French joue ici sur le motif du puzzle impossible, c’est-à-dire que les faits nous semblent tout simplement inexplicables selon les lois de notre monde. On peut avancer de nombreuses hypothèses pour la disparition des deux enfants, mais comment le seul rescapé, un petit garçon, peut-il avoir tout bonnement perdu la mémoire ? La seule solution pour le savoir ? Lire le roman…

Le problème à trois corps, Liu Cixin

« En pleine Révolution Culturelle, le pouvoir chinois construit une base militaire secrète destinée à abriter un programme de recherche de potentielles civilisations extra-terrestres. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation” parvient à envoyer dans l’espace lointain un message contenant des informations sur la civilisation humaine.

Ce signal est intercepté par les Trisolariens, qui s’apprêtent à abandonner leur planète-mère, située à quatre années-lumière de la Terre et menacée d’un effondrement gravitationnel provoqué par les mouvements chaotiques des trois soleils de son système. Ye Wenjie reçoit près de huit ans plus tard la réponse des Trisolariens. Choquée par les horreurs dont elle a été témoin durant la Révolution culturelle et ayant perdu toute foi dans l’homme, elle fournit secrètement aux Trisolariens les coordonnées du système solaire, dans l’espoir que ceux-ci viennent conquérir la Terre et réformer l’humanité. Dans quatre siècles, ils seront là… »

Pourquoi ça fonctionne :

Le genre est encore une fois plutôt limpide (base militaire, extra-terrestre, civilisation, espace, année-lumière …) Ici, on a affaire à un mystère du type « que va-t-il se passer ? » Liu Cixin pose le contexte et coupe après l’élément déclencheur, qui est la révélation des coordonnées du système solaire. En quelques mots à peine, on a déjà une tonne de questions : qui sont les Trisolariens ? Sont-ils amis ou ennemis ? Comment leur arrivée va-t-elle être interprétée ? Vont-ils accomplir l’objectif de Ye Wenjie ? Et malgré toutes ces interrogations, on comprend parfaitement la situation et les enjeux. Du grand art.

Mille soleils splendides, Khaled Hosseini

« Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille.

D’abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan.

Mais parviendront-elles jamais à s’arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs “mille soleils splendides”? »

Pourquoi ça fonctionne :

Le roman se classe dans la littérature générale, le lexique ne trahit donc pas un genre en particulier. En revanche, ce résumé ne laisse aucun doute sur la nature de l’histoire et sur son contexte : on se trouve face à un récit de la condition de la femme en Afghanistan. On pourrait le rapprocher du précédent puisqu’il s’agit là encore d’un mystère du type « que va-t-il se passer ? », mais Khaled Hosseini n’a pas choisi exactement le même angle. Il met ici l’accent sur des éléments choquants dans le but de faire naître en nous un profond sentiment d’injustice. Un mari brutal, la soumission, une fille de quatorze ans enceinte, autant de mots qui suffisent à nous révolter. Sans même les connaître, on est déjà du côté de Mariam et de Laila, et on veut que leur souffrance cesse. Et c’est précisément ce désir inconscient de faire cesser l’injustice qui nous pousse à découvrir le roman. Un texte percutant et efficace, mais pas racoleur, tout en subtilité.

À vous de jouer

Vous l’avez compris, on n’improvise pas un résumé. Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour écrire un texte qui rendra justice à votre roman et qui convaincra des inconnus de vous consacrer leur temps.

Commencez tout de suite : écrivez trois versions totalement différentes et faites-les lire autour de vous, vous risquez d’être surpris par ce que vous allez découvrir.

Merci de m’avoir lu. Si vous aimez ce que j’écris, n’hésitez pas à faire un tour sur mon blog (lien : www.cyrildestokyauteur.com/blog) pour encore plus de contenu.

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