L’essai est le genre de la conviction. Que vous souhaitiez bousculer des idées reçues, partager une méthode professionnelle ou analyser un fait de société, publier un essai est un levier puissant pour asseoir votre autorité.
Mais attention : sur un marché saturé, la bonne volonté ne suffit pas.

Voici comment transformer votre expertise en un livre qui trouve son public.
1. Réussir l’écriture : La règle du « Pourquoi vous ? »
Contrairement au roman, l’essai ne repose pas sur une intrigue, mais sur une thèse. Ecrire un essai, journalistique ou engagé est une démarche d’écriture et de publication qui doit obéir à des codes pour réussir.
De manière générale, visez un premier objectif de 1000 lecteurs dans un premier temps.
- D’abord, trouvez votre angle : Ne faites pas un traité généraliste sur « Le management ». Personne ne le lira. Écrivez sur « Pourquoi le management bienveillant est une erreur en période de crise ». Soyez clivant ou apportez une solution très spécifique à un problème douloureux.
- Pensez la structure comme une colonne vertébrale : Un essai dont le plan est flou perd le lecteur en dix pages. Travaillez votre table des matières avant d’écrire la moindre ligne. Chaque chapitre doit être une brique qui soutient votre démonstration finale.
- Enfin, adoptez le style « Efficacité » : Supprimez le jargon inutile. Votre but est d’être compris, pas de paraître intelligent. Utilisez des exemples concrets, des études de cas et, si possible, des données chiffrées.
Dans une formation devenir journaliste, on découvre notamment comment présenter sa thèse avec efficacité, y compris dans des formats longs (reportages, dossiers).
2. Le choix du mode de publication : Stratégie vs Contrôle
Il n’y a pas de « meilleure » solution, seulement celle qui correspond à vos objectifs.
L’édition classique (Edition à compte d’éditeur)
- L’enjeu : La caution scientifique ou intellectuelle. Être publié chez Albin Michel, Grasset ou un éditeur spécialisé (Dunod, Eyrolles) valide votre expertise.
- La réalité : Les maisons d’édition d’essais reçoivent des centaines de manuscrits. Pour sortir du lot, ne misez pas tout sur le texte : présentez un dossier de presse/pitch solide. Qui êtes-vous ? Quelle est votre audience actuelle (abonnés LinkedIn, newsletter) ? Pourquoi ce livre doit-il sortir maintenant ? Les éditeurs sont très attentifs à l’audience que vous pourrez apporter au livre par vos propres canaux. Voir 8 conseils pour convaincre le comité de lecture d’un éditeur.
L’autoédition
La rapidité et la liberté. Si votre sujet est lié à une actualité brûlante, attendre 18 mois pour une sortie en librairie est suicidaire.
Vous endossez alors le rôle de directeur de collection. Si votre couverture fait « amateur », votre propos sera jugé comme tel. Investissez dans une correction professionnelle et un graphiste. En essai, la crédibilité visuelle est capitale.
3. La promotion : On n’attend pas le lecteur, on va le chercher
Un essai ne se vend pas par miracle en rayon « Société » de la Fnac. Il se vend parce qu’on parle de vous.
- Devenez votre propre média : Avant même la sortie, parlez des coulisses sur LinkedIn ou Twitter. Partagez des extraits, provoquez le débat. En tant qu’expert, ou journaliste, vous avez certainement déjà des canaux de communication.
- Visez les niches (Podcasts et Newsletters) : Passer au JT de 20h est un rêve et surtout une action de promotion inutile, sauf pour la crédibilité. Alors qu’être l’invité d’un podcast spécialisé suivi par 5 000 passionnés est une réalité qui fait vendre des livres. Identifiez les influenceurs de votre secteur.
- Le « Back-end » : Si vous êtes consultant ou entrepreneur, ne voyez pas le livre comme une source de revenus (les droits d’auteur sont faibles), mais comme un outil de prospection. Un livre offert à un prospect stratégique vaut dix plaquettes commerciales.

