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Vendre son livre et réussir : retour d’expérience de Valentin Decker

Dans cet article, j’interview Valentin Decker, auteur de “Devenir Remarquable à l’ère numérique”,. Trois raisons à cela :

  • Le livre de Valentin est utile aux auteurs pour étendre leur réputation en ligne
  • La démarche utilisée par Valentin pour promouvoir son livre mérite d’être étudiée par tous ceux qui souhaitent vendre plus de livres.
  • Nous sommes tout à fait d’accord sur les principes de la promotion de livre, et Valentin a mis en place nombre des conseils diffusés dans mes articles

 

 

Valentin, peux-tu te présenter et nous présenter ton livre ?

Je m’appelle Valentin Decker, j’ai 25 ans et je travaille pour une startup qui s’appelle LiveMentor. On accompagne des porteurs de projet et entrepreneurs au sens large, à développer leur activité sur Internet.

À côté de ça, j’ai publié un livre en décembre 2017, que j’ai réédité il y a quelques jours et qui s’appelle “Devenir Remarquable à l’ère du numérique”.

L’idée que je défends dans mon livre, c’est que grâce à Internet, on a tous les moyens de se construire la vie que l’on veut. À une condition : celle de devenir remarquable, c’est-à-dire être bon dans sa discipline et faire ce qui est rare.

Le livre démarre en 2016, lorsque je réalisais un stage dans une banque. À mesure que les jours passaient, je me rendais compte que j’allais être malheureux si je faisais ça toute ma vie.

Je raconte ensuite ma transition, l’étape de découverte de moi-même que j’ai vécue et les idées qui m’ont permis d’y voir plus clair. Le tout, autour d’une question : “qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie?”

J’ai écrit le livre que j’aurais aimé lire il y a quelques années, quand j’étais encore étudiant et que, comme beaucoup, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie.

Depuis, je publie un article par semaine sur mon blog, sur les thèmes de l’écriture, la créativité, le Marketing et mes lectures. Je lis environ un livre par semaine, sur des thèmes assez variés ; parfois de la fiction, parfois des livres “business”, parfois des livres de développement personnel. J’en écris des résumés et mes impressions pour en garder une trace.

Quels sont les chiffres marquants pour caractériser ton livre et son succès ?

Parler de succès pour mon livre est un grand mot !

Quoi qu’il est soit, s’il y a un domaine dans lequel ce livre est un succès, c’est sur le plan personnel. Quand je l’ai commencé, je n’étais pas sûr de réussir à aller jusqu’au bout. Finalement, j’ai pris énormément de plaisir pendant le processus d’écriture et de publication. Rien que pour cette raison, je suis content de ce que j’ai accompli.

Pour mes chiffres, 1 an plus tard, j’ai passé la barre des 500 ventes. Ce n’est pas énorme et ce n’est pas ce qui va me permettre d’en vivre. Mais en auto-édition, c’est pas mal. Surtout que je n’avais aucune communauté derrière moi, ni de moyen particulier pour la promotion.

Ce que je trouve le plus fou, c’est que j’ai pratiquement vendu 1 livre par jour, pendant toute l’année 2018. Je n’ai pas eu de gros pic de vente et puis plus rien, mes ventes étaient régulières.

Surtout, j’ai eu énormément de lecteurs qui m’ont contacté suite à la lecture de mon livre pour discuter avec moi et me remercier. Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils se posaient les mêmes questions que moi et que le livre les avait aidé. J’ai pu faire plein de rencontres.

Le retour des lecteurs est un énorme boost. C’est très gratifiant.

 

Tu as été assez loin dans le travail de promotion. Peux-tu récapituler les actions entreprises pour promouvoir ton livre et ton schéma de travail ?

Je suis membre de plusieurs groupes Facebook qui rassemblent des auteurs auto-édités et je constate que la grande majorité des gens ne font aucun effort pour la promotion. Ils n’y pensent pas du tout.

Je trouve ça terrible de passer plusieurs mois ou années à écrire un livre, pour que finalement personne ne lise !

NB d’Olivier : je ne saurais en effet que trop le dire : “il faut passer autant de temps à promouvoir son livre qu’à écrire”. Voir l’article 18 conseils que j’aurais aimé recevoir avant de publier mon livre sur Amazon

Moi à l’inverse, je viens du domaine du Marketing et je suis passionné par l’entrepreneuriat. Dès le départ, j’ai pris la promotion de mon livre très au sérieux. Avant même de commencer à écrire, je me suis demandé quelles actions j’allais pouvoir mettre en place pour le vendre.

Je suis parti du constat que vendre un livre, c’est demander à des inconnus de payer 15€ à 20€ sans savoir si le livre sera bon. C’est également être en concurrence avec des millions d’autres livres, et divertissements en tout genre, qui se battent pour notre attention.

Quand on ne possède pas le sceau de validation d’une maison d’édition traditionnelle, c’est très dur de sortir du lot. Faire du marketing est donc déterminant.

J’aime beaucoup ce que dit l’auteur Ryan Holiday à ce sujet. Pour lui, publier un livre, c’est comme courir deux marathons de suite : le premier pour écrire le livre, le deuxième pour le promouvoir.

En ce qui me concerne, j’ai fait pas mal de choses pour mon livre. J’aurais pu en faire beaucoup plus, mais par manque de temps et d’énergie, j’ai dû me limiter et faire des choix.

Dès le début, j’ai pris conscience de l’importance d’avoir une communauté de lecteurs autour de moi. À l’époque, je n’en avais aucune. Le premier travail que j’ai fait a donc été de la construire.

Pour cela, une très bonne chose à faire est de donner beaucoup de contenu gratuit.

Dès le moment où j’ai commencé à écrire mon livre, j’ai décidé d’en publier une partie librement sur mon compte Medium. Toute les semaines pendant 5 mois, je publiais un article par semaine gratuitement, qui correspondait à une partie de mon livre.

Je trouve ça très risqué de s’enfermer pendant 6 mois pour écrire, sans rien montrer à personne et ensuite sortir son livre de nul part.

Cette manière de fonctionner a grandement simplifié l’écriture de mon livre. Plutôt que de me fixer un objectif à horizon 6 mois, j’avais un objectif à la semaine. À la fin, le squelette de mon livre était prêt. Je n’avais qu’à relier le tout, faire des transitions à travailler les parties qui devaient l’être.

Cela me permettait de gagner des lecteurs et d’annoncer à chaque fois la sortie future de mon livre. Certains articles ont d’ailleurs très bien marché et ont généré plusieurs milliers de lecteurs.

J’ai rapidement compris qu’il fallait que j’ajoute de la crédibilité à mon ouvrage. Je n’avais même pas 24 ans et je n’avais rien fait de significatif dans ma vie. Je ressentais un syndrome de l’imposteur ; je me disais : “qui suis-je pour donner des conseils ?”.

Je suis donc allé interviewer 4 personnes que je trouve remarquable, pour apporter du poids et de la crédibilité au livre. Ces 4 personnes possédaient également une petite communauté autour d’elles et en les interviewant, j’ai pu faire connaître mon livre auprès de celles-ci. Cela m’a apporté beaucoup de visibilité.

NB d’Olivier : Je vous parle souvent de la co-promotion de livre, n’est-ce pas ?

Ensuite, tout ce que j’ai fait est très classique. Je parlais de mon projet de livre régulièrement, j’envoyais une newsletter toutes les semaines pour parler de l’avancement de mon livre et je communiquais sur mes réseaux sociaux. J’ai fait un ou deux articles invités pour d’autres blogs et j’ai eu la chance d’être invité dans deux podcasts pour parler de mon livre.

Quels sont, selon toi, les vecteurs les plus utiles pour faire connaître son livre ?

Je considère que la promotion d’un livre est un travail qui ne s’arrête jamais. Il n’y a pas de début ou de fin, il faut toujours chercher à attirer de nouveaux lecteurs.

Encore 1 après, je continue de mentionner régulièrement le fait que j’ai écrit un livre, dans mes articles. J’ai écrit plusieurs articles pour expliquer ma démarche et les leçons que j’en ai tirées.

Je dirais que les choses les plus importantes, sont :

  • Comprendre la cible du livre. À qui s’adresse t-il ? Qui est le lecteur type ? Cela va permettre de déterminer comment le positionner et comment communiquer dessus
  • Créer une communauté de lecteurs autour de soi le plus tôt possible, avant même de commencer à écrire son livre
  • Créer beaucoup de contenu pour en parler, avant et après sa sortie

 

Quel est l’apport de ton site web et de la liste d’e-mails dans ton dispositif de promotion ?

Quand j’ai publié mon livre, je n’avais pas encore de site Web. Mes articles étaient uniquement disponibles sur mon compte Medium.

En revanche, la liste email est essentielle. Comme je l’ai dit, j’ai commencé à la construire très tôt, dès le moment où j’ai commencé la rédaction de mon livre. Je mettais un module de capture d’emails au bas de mes articles Medium. Cela m’a permis de passer de 0 à 300 emails en 5 mois.

Chaque dimanche, j’envoyais mon article de la semaine et je faisais un état des lieux de mon avancement. Au moment où il est sorti, j’avais donc construit une relation pendant plusieurs mois avec les gens de mon audience. Certains ont suivi la publication de mon livre depuis le début et l’ont naturellement acheté quand il est sorti.

Grâce à ma liste email, j’ai également pu discuter avec de nombreuses personnes qui m’ont fait des retours, donné des conseils et apporté leur aide. La première version de la couverture m’a par exemple été offerte, en échange d’un exemplaire dédicacé de mon livre.

La liste email concrétise le fait d’avoir une audience autour de soi. Contrairement à un follower sur Twitter, un ami Facebook ou un contact LinkedIn, une adresse email est quelque chose que l’on possède. On ne dépend d’aucun algorithme pour communiquer avec sa communauté. L’email existe depuis 20 ans et ce n’est pas près de changer.

Construire une liste email est donc le meilleur investissement que l’on peut faire pour l’avenir, en tant qu’auteur (et créateur au sens large).

Quand je sortirai un prochain livre (ou autre chose), je sais que je pourrai m’appuyer sur cette liste email. L’un de mes challenges du moment est d’ailleurs de faire grandir celle-ci et d’intéresser toujours plus de monde avec mes articles.

 

Qu’est ce qui n’a servi à rien dans ton dispositif de promotion ?

J’ai essayé de démarcher quelques influenceurs et quelques journalistes pour qu’ils parlent de mon livre, mais c’était un échec complet.

Je ne savais pas vraiment comment m’y prendre et je ne possédais pas vraiment de contact.

Je pense que cela peut être un bon moyen de promotion et générer de belles retombées, mais c’est assez compliqué. Il faut une bonne méthode, pouvoir y dédier du temps et de l’énergie. Tout ce qui me manquait !

 

Tu as un certain nombre de commentaires. As-tu employé une méthode pour les déclencher ?

J’ai une trentaine d’avis sur la page Amazon de mon livre. Et effectivement, c’est en partie volontaire.

Les avis positifs rassurent les potentiels lecteurs qui arrivent sur la page du livre et qui ne me connaissent pas.

L’énorme force d’Amazon, c’est qu’il y a des milliers de personnes qui se baladent dans les catégories à la recherche de livres à commander. Si on parvient à bien se classer dans les classements, cela peut générer beaucoup d’achats.

L’algorithme de classement des livres Amazon prend en compte toute sorte d’éléments : le nombre total de ventes, les ventes du jour, de la semaine, l’utilisation de mots-clés et… les avis laissés par les lecteurs.

Dès le départ, j’ai mis en place une stratégie très simple pour en obtenir : j’ai demandé à une dizaine d’amis d’aller m’en laisser un. Cela m’a permis de ne pas avoir une page avec zéro avis, ce qui n’est pas très rassurant pour un potentiel lecteur. Cela m’a également permis d’être bien classé dans les catégories que j’ai ciblées.

Ensuite, dès qu’une personne me contactait après la lecture de mon livre, je lui demandais de me laisser un commentaire.

Il y a également pas mal de commentaires de la part de personnes que je ne connais absolument pas du tout. Certains négatifs, d’autres très positifs.

 

Penses-tu qu’il y aurait un intérêt à publier sous d’autres formats ? (audio book, formats courts … ?)

Mon livre est disponible au format papier et ebook. L’ebook permet d’obtenir jusqu’à 70% de redevances grâce à l’absence de coût d’impression. On peut mettre un prix bien moins cher, pour inciter le lecteur à franchir le pas.

Sinon pour le reste, j’ai l’impression qu’il y a assez peu de livres français en audio donc ça peut être une bonne opportunité de se démarquer. Il y a de la place.

Les formats courts peuvent être intéressants quand on écrit de la fiction. On peut imaginer faire des mini-séries qui tiennent le lecteur en haleine d’un épisode à l’autre.

 

Merci Valentin !