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Salons du livre : “comment je vends 5 fois plus que la moyenne”

Pour cet article destiné à vous aider à réussir son salon du livre, j’accueille Romain Godest. Romain est l’auteur de plusieurs best-sellers Amazon dans leurs catégories et est un vrai pro des salons du livre. Son expérience est riche d’enseignements. Il édite le blog ecrire1roman.com, blog dédié aux techniques d’écriture et structures d’histoire.  Je lui laisse la place :

 

J’ai débuté dans le monde littéraire par l’auto-édition, inconscient de l’ampleur qu’allait prendre cette aventure. Lorsque J’ai publié les deux premiers tomes de ma saga Le Sort de Gaia, ils se sont rapidement hissés à la première place du top 100 jeunesse d’Amazon.


M’étant fait remarquer grâce à la Presse papier, j’ai reçu des invitations sur les salons un peu partout dans ma région. Et sur certains d’entre eux, je vendais jusqu’à 50 romans ce qui est cinq fois plus que la moyenne donnée par les libraires. Et cette visibilité m’a ouvert les portes de l’édition traditionnelle par la suite puisque ce sont les éditions Ouest France qui m’ont contacté pour écrire la trilogie La Légende de Kaelig Morvan.

 

Les salons littéraires, on en rêve tous. Pour un auteur, c’est un peu la reconnaissance du travail accompli durement pendant de longues soirées. Et puis vient la terrifiante question que tout romancier se pose un jour : et si je ne vends rien ? Et si personne ne souhaite de dédicace ?
Pas de panique ! Nous allons voir ensemble comment éviter ces grands moments de solitude et même comment vendre beaucoup de livres.

Jetez-vous à l’eau !

Un salon du livre, c’est un peu comme une jungle où l’auteur est contraint de sortir de sa grotte pour entrer en contact avec les vivants. Certains y arrivent très bien, d’autres moins.
Mais il est une chose qu’il faut bien garder à l’esprit : vous êtes là pour vendre des livres !

Lorsque vous donnez de votre temps libre pendant tout un week-end, ce n’est pas pour rester assis sur votre chaise à éviter le regard des lecteurs. Vous êtes là pour les rencontres, le contact et faire plaisir à l’éditeur (ou à vous-même dans le cas de l’autoédition).

Oubliez donc vos peurs et cette petite voix qui murmure naïvement que vous vendez votre âme au diable. Un auteur écrit pour être lu. Et personne ne lit un livre qu’il n’achète pas !

Mais comment faire pour attirer l’attention lorsqu’on est entouré de confrères et de consœurs ?

Vous n’êtes pas là pour attendre

Les salons littéraires ont lieu toute l’année sur tout le territoire. Ceci dit, une majorité débute aux beaux jours, lorsqu’on commence à vouloir mettre le nez dehors. Et pourtant, vous avez choisi de vous enfermer dans une salle, un chapiteau ou un château pour dédicacer deux journées durant vos ouvrages en compagnie d’autres auteurs. Il semble donc évident qu’il ne faut pas gâcher ce précieux temps.

Alors prenez votre courage à deux mains, profitez de ces instants uniques et mordez à pleines dents dans les salons. Vous verrez que c’est assez addictif et très grisants d’échanger sur vos écrits.

Déjà, il ne faut pas rester sans rien faire. Observer les visiteurs avec un regard de chien battu en espérant qu’ils s’approcheront de vous est le meilleur moyen de les faire fuir. Soyez actif ! Une excellente méthode est de préparer vos prochains écrits. Personnellement, je profite des temps morts sur les salons pour faire de la prise de note. J’ai toujours une multitude de carnets et quelques illustrations fantastiques qui traînent sur ma table. Les lecteurs sont alors intrigués et comprennent rapidement que je prépare une suite. Voir l’auteur en plein travail est quelque chose d’attractif. C’est ainsi ! Ils vous poseront alors des questions et seront plus enclin à écouter votre histoire.

Si vous constatez que le public n’est pas encore là, rien en vous empêche de quitter votre stand quelques instants pour aller flâner dans le salon. C’est un bon moyen pour éviter l’oisiveté et l’abattement.

Dédicacer sur un salon du livre est assez épuisant, car on est sans cesse attentif. Je vous conseille de prévoir de quoi vous restaurer même si les organisateurs vous fourniront ce qu’il faut. Personnellement, j’emporte toujours un grand thermos de thé et du chocolat noir avec moi. Là encore, ça incite le lecteur à s’approcher, car il connaît ces choses et vous voit soudainement comme une personne normale. Gardez à l’esprit que les auteurs sont encore sacraliser en France. C’est un phénomène assez étrange, mais bien présent.

Évitez de lire ! Un auteur qui a le nez plongé dans un bouquin donne l’impression de s’ennuyer.

Lisez notre article star : les 3 piliers de l’auteur à succès

Le bon visiteur et le mauvais visiteur

S’il faut avoir conscience d’une chose lorsqu’on dédicace sur un salon, c’est qu’il y a deux catégories bien distinctes de personnes.

La première est celle des lecteurs. Ils ou elles viennent là pour trouver des romans, rencontrer des auteurs, échanger sur leurs ouvrages ou même prendre des conseils lorsqu’ils souhaitent affûter leur plume. C’est un véritable régal d’échanger avec eux. Parfois, ils en connaissent plus que vous sur l’univers littéraire.
Cependant, ils sont également plus exigeants. C’est logique ! Il va donc falloir les convaincre que votre histoire mérite d’être lue. Parlez-leur comme à un ami. Après tout, vous êtes deux passionnés. Le lecteur doit ressentir l’amour que vous portez à vos écrits. Vous lui transmettre ainsi votre enthousiasme.

L’autre est celle des visiteurs. Ils sont là en promenade du dimanche. Ils déambulent dans les allées et, à l’occasion, tourneront la tête vers vous, prendront votre livre et le reposeront avec négligence. D’autres choisiront de s’adresser à vous et parleront d’eux sans même se renseigner sur vos écrits. C’est le jeu, mais il vaut mieux être prévenu.
Conservez votre calme et répondez avec le sourire. Attention ! Je ne vous dis pas de vous rabaisser. Mais il est inutile de s’énerver pour si peu…

Comment gérer son salon ?

Lorsqu’on se rend sur un salon, c’est qu’on a reçu une invitation ou qu’on démarché les organisateurs pour obtenir une place. Dans les deux cas, il faut s’organiser.

Levez-vous tôt! Très tôt!

J’ai toujours (sauf une fois au salon de Vannes – lit de l’hôtel trop confortable) été dans les premiers à m’installer sur un salon. Déjà, on peut parler calmement avec les organisateurs qui ne sont pas encore débordés. C’est toujours instructif et respectueux de prendre le temps de les remercier.
Ensuite, vous aurez le temps d’installer votre stand. Car oui! Il s’agit bien d’un stand que vous tiendrez et pas d’un simple étal de vos livres comme le font les librairies qui ressemblent aux vitrines d’Amazon.

Et le point le plus essentiel: les gros lecteurs, les mangeuses de livres, les adorateurs du papier…ils sont là au tout début. Car ils veulent rencontrer les auteurs et prendre leur temps. C’est ainsi que vous ferez quelques ventes de plus tandis que vos confrères dormiront encore ou boiront leur café sur une terrasse à deux pas de là.

Un stand qui reflète vos romans

Comme je l’ai dit plus haut, vous n’allez pas simplement poser vos fesses sur une chaise devant une pile de livres et attendre. Si vous dédicacez avec une librairie, rien ne vous empêche de personnaliser votre emplacement. Je l’ai toujours fait et les libraires ne s’en sont jamais offusqués. Au contraire! Ils aiment cette touche fantaisiste.

Apportez avec vous divers objets, gadgets, images qui reflètent votre univers et entreposer le tout parmi vos livres. L’idée est de plonger le lecteur dans votre histoire avant même qu’il ait lu le quatrième de couverture.

Les petits plus qui font la différence

Il y a quelques petites techniques qui permettent de se démarquer des autres auteurs et qui laisseront une trace dans l’esprit des lecteurs.

Anne Chevalier Maho, une amie auteur, est devenue une spécialiste des salons.

Kakemono (disponible sur Vistaprint) mettant en avant sa saga Les 13 crânes de cristal, supports pour chaque tome qui affiche la couverture sur les deux côté de son stand. Chaque couverture est éclairée par des lampes à led pour amener cette ambiance librairie. Et sous chacune d’entre elle se trouve le roman côté quatrième de couverture. Elle rajoute également une feuille imprimée avec le résumé en plus grand en-dessous. Et pour achever ce travail de professionnel, elle dispose de flyers, marque-pages, cartes de visite…le tout disposé sur une superbe nappe en velours brillant. Bref! Tout un univers qui invite à entrer dans son monde.

Le stand d’Anne a dû demander un investissement de 150€. Et, la connaissant bien, elle l’a certainement remboursé lors de son premier salon.
Honnêtement, je n’ai jamais vu quelqu’un vendre autant qu’elle. Et pourtant, j’ai dédicacé à côté de quelques grands noms comme Bernard Werber, Olivier Ledroit ou Brucero.

Et par-dessus tout, son sourire est une invitation au dialogue. Ne l’oubliez pas ! Personne n’a envie de s’approcher d’un auteur qui boude parce qu’il ne vend pas beaucoup.

Le flyers, l’ami de l’auteur

Si vous devez faire un seul investissement (en plus d’une nappe – morceau d’étoffe acheté chez un grossiste du tissu) c’est le flyers!
Sur Vistaprint, cela ne vous en coûtera qu’une trentaine d’euros pour 1000 exemplaires recto-verso.

Pourquoi le flyers pour réussir son salon du livre ?

Certains lecteurs n’osent pas approcher les auteurs. Ils sont hésitants, pour diverses raisons, et ne se lanceront que si on les y invite. Le flyers est le meilleur moyen de créer ce lien, ce contact. La personne peut soit lire tranquillement le résumé de votre ouvrage sans se sentir obligé de vous parler ou elle peut échanger directement avec vous.
De même, le flyers ne quittera pas le lecteur pendant son tour de salon qui, hésitant sur ses choix, se tournera peut-être finalement vers vous, car il ne vous aura pas oublié.

Pour la sortie du deuxième tome de La Légende de Kaelig Morvan, les éditions Ouest France avaient imprimé des flyers. Ce fut un atout majeur sur les salons.

Les flyers de Romain :

 

Enfin, si vous êtes dans la catégorie jeunesse, les enfants et adolescents adorent les flyers. Et je peux vous assurer qu’ils courront rapidement vers leurs parents pour parler de vous.

Privilégiez les contacts avec le libraire ou les organisateurs

Les libraires vendent vos livres. C’est ainsi! Donc, si vous laissez une bonne image de vous au libraire lorsque vous dédicacez, il ne vous oubliera pas et mettra en avant vos ouvrages dans sa boutique. De plus, le monde du livre est plus petit qu’on ne le croit. Ils parlent tous entre eux.

Attention! Je ne parle pas de jouer un rôle. Restez authentiques! Mais n’oubliez pas qu’eux aussi ont sacrifié leur week-end pour venir au salon. Il est donc logique de penser à eux.

On doit vous voir de loin

Lorsqu’un lecteur se promène sur un salon, son esprit est sans cesse sollicité. Un visiteur passe en moyenne moins d’une seconde sur chaque couverture. C’est donc assez difficile de décrocher ce fil de pensée pour attirer son attention.

Voici donc une technique infaillible : l’écriteau publicitaire

Il y a deux ans, j’ai acheté deux supports pour feuilles A4. J’ai travaillé une mise en page d’affiche et l’ai placé sur mon stand. Et là, grand changement ! Impossible de passer inaperçu ! Chaque visiteur restait plus de dix secondes sur mes écriteaux annonçant la sortie de ma saga.

De même j’avais imprimé les articles de Presse les plus accrocheurs (n’hésitez d’ailleurs pas à contacter la Presse locale. Ils dorent les auteurs et feront volontiers un article sur vos ouvrages). Cette forme de reconnaissance dans le milieu professionnel attire l’attention des visiteurs comme je l’explique dans mon article sur la visibilité des auteurs.

Créer une promotion

Je vous invite également à proposer une promotion spéciale pour le salon. Les lecteurs adorent ça et les organisateurs également.

Le cadeau moyen aux périodes Noël tourne autour de 30€. Il faut songer à fixer un tarif raisonnable pour vendre. C’est ce que j’ai fait avec ma trilogie l’année passée. Et j’ai vendu tous mes exemplaires sur un salon de campagne.

Les autres auteurs et éditeurs

Sur un salon, vous rencontrerez également de nombreux confrères et consœurs.
Il y a déjà ceux qui seront assis à vos côtés. Si vous avez de la chance, vous passerez un excellent moment. Sinon…ben ce n’est pas grave.

Quoi qu’il en soit, ce sera l’occasion pour vous de remplir votre carnet d’adresse. N’hésitez pas à demander ses coordonnées à un autre romancier. Pas de but en blanc, évidemment ! Mais si le courant passe bien, il n’y a aucune raison pour ne pas prolonger le plaisir par mail.

NB Olivier Morel : Rappelez-vous cette article : entre les auteurs, ce n’est pas la compétition, mais la collaboration.

Comme je vous l’ai dit, le monde du livre est petit et il s’agit d’un véritable réseau où beaucoup se connaissent. Un auteur peut vous mettre en contact avec un illustrateur, un photographe ou un autre auteur pour des collaborations futures.

Les stands des éditeurs

Si les salons sont composés d’auteurs dédicaçant sur les stands des librairies et d’auteurs autoédités, les éditeurs ne sont pas en reste.

Évidemment, vous ne rencontrez pas les responsables de Robert Laffont, Stéphane Marsan ou le comité Gallimard. Mais de nombreux éditeurs plus modestes et tout aussi intéressants peuplent les salons. Ils ont généralement des stands avec deux ou trois auteurs en dédicaces. Il y a là une belle occasion d’entamer une collaboration.

Si l’un d’entre eux vous intéresse réellement, vous pouvez lui apporter un de vos romans. Il prendra le temps de le parcourir dans les semaines à venir et voudra peut-être aller plus loin avec vous.

 

Que faut-il retenir ?

Dédicacer sur un salon littéraire, c’est un grand moment de bonheur. On a le plaisir de rencontrer ses lecteurs et d’en croiser de nouveau.

Gardez-bien à l’esprit que vous êtes là pour vendre vos livres. Mettre en avant vos ouvrages ne signifie pas écraser les autres. Il s’agit simplement d’une envie de partager vos écrits avec les lecteurs. Si vous avez pris le temps de publier un roman, c’est parce que vous pensez qu’il mérite d’être lu. Alors expliquez-le de toutes les manières décrites dans cet article aux lecteurs.

Si vous souhaitez découvrir d’autres méthodes pour mieux promouvoir vos livres, vous pouvez consulter cet article dédié aux idées de promotion de livres sur internet ou ailleurs.

 

Cet article a été rédigé par Romain Godest, du blog ecrire1roman.com, blog dédié aux techniques d’écriture et structures d’histoire.

Téléchargez gratuitement le guide “Combien gagne-t-on vraiment en auto-édition?” en remplissant votre e-mail ci-dessous :

 

5 Comments

  1. Très bon article clair et précis, je prends des notes 🙂

  2. Rien n’a marché pour moi pour le moment, je vends entre 0 et 2 livres max sur un salon, par contre, je vends plus sur les marchés de Noël. A part le kakémono que je n’ai pas, mon stand ressemble à la photo (avec moins de livre et sans la lumière). Pas de kakémono, ce n’est pas du radinisme mais simplement, je ne sais pas quoi y mettre. J’ai 4 romans, tous différents, même si leur point commun est d’être réaliste et proche de l’Homme.

    • Olivier Morel Olivier Morel

      Merci de ton commentaire Séverine. As-tu beaucoup d’échanges sur les salons ? Beaucoup de personnes intéressées mais qui n’achètent pas ?
      Cibles-tu les bons salons ?

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